dimanche 8 mai 2016

Travailler en ateliers dans sa classe

La semaine dernière, j'ai été invitée à une formation en insertion professionnelle. La conseillère pédagogique en charge de cette formation m'a contacté il y a quelques semaines pour savoir si cela me tentait de partager mes façons de faire, mon matériel, mon organisation, etc. Elle est venue filmer dans ma classe des petits segments où j'explique à mes élèves la période d'ateliers.

Suite à la formation, je me suis dit qu'il faudrait bien que je fasse un article (car je n'écris plus...) pour résumer la formation mais aussi pour inventorier tout ce que j'ai pour travailler en ateliers.

- Pourquoi travailler en ateliers?

Le but de la formation était de présenter un fonctionnement de classe pour permettre à l'enseignant de travailler en sous-groupes de besoins dans le cadre du RAI par exemple. Pour travailler avec quelques élèves, le reste de la classe doit être autonome.

- Quand travailler en ateliers?

Il y a autant de recettes de fonctionnement en ateliers qu'il y a d'enseignants. Personnellement, je travaille surtout en ateliers lors de la révision (mathématique, français, sciences, avant une évaluation, à la fin de l'année). En ce moment, avec mon poste en 6e année à 4 jours, j'ai un peu de difficultés à y insérer plus de périodes d'ateliers (sachant très bien que je peux en faire à chaque semaine sans trop me compliquer la vie. Faut juste le faire.) L'an prochain, je veux en faire à chaque semaine (en y insérant le travail que nous faisons déjà en classe). J'en reparlerai dans mes plans pour l'an prochain!

Au niveau de l'horaire, je fais le plus souvent mes périodes d'ateliers en après-midi car ce sont des périodes où les élèves ont besoin de plus bouger (s'asseoir par terre, changer de tables, etc.)

- Comment travailler en ateliers?

Encore une fois, pour ma part, j'ai 2 types d'ateliers: dirigés et au choix. J'utilise les ateliers dirigées (horaire des rotations préétablies) surtout en début d'année pour enseigner aux élèves les procédures de travail en ateliers. J'utilise aussi les ateliers dirigés lors d'une révision que je juge très importante. La gestion de ce type d'ateliers est beaucoup plus simple pour moi: je donne un temps donné et je donne le signal de changement. Tous les élèves sont divisés en équipe et sont à une tâche.

Voici des exemples de rotations dirigées que j'affiche au TNI.


Voici un autre exemple. J'utilise le mot station mais cela reste la même chose.


Les ateliers au choix (l'élève doit en faire 5 sur 8 par exemple) me permettent de laisser une place au jugement de l'élève. J'aime faire ce type d'ateliers après la moitié de l'année lorsque je connais mes élèves. L'élève doit faire son propre choix d'ateliers selon ses besoins. Il doit évaluer où sont ses difficultés et choisir les ateliers les mieux adaptés à ses besoins.  La gestion des ateliers au choix est plus complexe: même si je mets une limite d'élèves par atelier, j'ai certains ateliers avec 4 élèves et d'autres avec seulement 1. Il y a beaucoup plus de matériel un peu partout dans la classe. Il y a beaucoup plus de mouvements car lorsqu'un élève termine son atelier, il peut changer immédiatement. Les rapides sont très rapides dans ce genre d'ateliers et les plus lents n'ont pas le temps de tout finir car il n'y a pas de limite de temps. Malgré cela, j'aime faire des ateliers au choix car je mets la responsabilité de la réussite dans les mains de l'élève.

- Les sous-groupes

Une fois la classe habituée au fonctionnement en ateliers, l'enseignant peut se libérer de la supervision pour accueillir un petit groupe d'élèves et travailler une notion avec eux. Il faut donc créer des groupes de besoin en regroupant les élèves ayant les mêmes difficultés (ou défis si les élèves sont particulièrement forts).

À chaque début de chapitre en mathématique, je fais passer 1 ou 2 joggings mathématiques  où chaque question est sur une notion en particulier. Je compile ensuite les résultats et je peux ainsi commencer à identifier des groupes de besoins.

Plus tard dans l'année, je suis capable de me baser sur d'autres observations en mathématiques pour faire mes groupes de besoins.

Voici un exemple d'un jogging mathématique (avec support visuel) que je fais passer en début d'année. Je compile sur une liste d'élèves en indiquant si le numéro est réussi ou non.







Pour le support visuel du jogging #1 - cliquez ici.

Pour le support visuel du jogging #2 - cliquez ici.

Pour le jogging diagnostic #3 - cliquez ici.

Pour le support visuel du jogging #3 - cliquez ici.

En français, suite à une formation RAI en écriture, je fais passer en début d'année des dictées grammaticales qui ressemblent à des joggings mathématiques. Il y a 10 dictées en tout où chacune des questions a une notion en particulier.

Par exemple, la question #1 des 10 dictées est sur le pluriel dans le GN.

Dans chacune des dictées, il y a 10 phrases. Les élèves ont seulement à écrire une partie de la phrase et je ne regarde pas l'orthographe. C'est rapide et cela permet de faire un portrait très rapide de la classe.

Je le refais aussi en janvier ou février pour réévaluer où mes élèves sont rendus.

Je ne peux pas partager le document car cela vient de la commission scolaire et je n'ai pas les droits.

- Que fait-on en ateliers?

Lorsqu'on pense à ateliers, on pense souvent à du matériel de manipulation. Naturellement, oui, le matériel de manipulation est intéressant lors des ateliers. Par contre, lorsqu'on commence à enseigner, fabriquer du matériel d'ateliers en plus de tout ce qu'il y a à faire semble une montagne. Il y a des solutions faciles pour commencer et permettre aux élèves de travailler en ateliers quand même.


  • Les cahiers d'exercices: un atelier de la semaine peut être des pages à faire dans un cahier. À la place de le faire tout le monde ensemble, l'atelier A peut être 2 ou 3 pages dans un cahier et vous pouvez même fournir un corrigé aux élèves.
  • Jeux/sites sur le web: si vous avez accès à des ordinateurs ou des iPads, un atelier peut être de faire tel jeu sur tel site (par exemple, le jeu des homophones sur le site Allo Prof). Aucune photocopie, aucun matériel.
  • Les cartes à tâches : les cartes à tâches sont polyvalentes. Elles peuvent être utilisées en grand groupe, en récupération mais aussi en ateliers. Si vous avez déjà des cartes à tâches, vous pouvez les utiliser. Pour ma part, vu que j'utilise mes cartes pendant l'année pour différentes activités, j'aime bien les réutiliser en fin d'année lors de la révision.
Voici un document que j'avais déjà partagé sur différentes façons d'exploiter les cartes à tâches en classe.



  • Jeu de société avec une twist: un jeu de société facile et simple comme serpents et échelles peut être modifié et devenir un atelier. Par exemple, lorsqu'un élève arrive sur une nouvelle case, il doit piger une carte (dans un jeu de tables mathématiques par exemple) et répondre à la question. S'il a la bonne réponse, il peut garder la carte. À la fin, celui qui a le plus de cartes et qui arrive le premier gagne.
Naturellement, il y a plein de matériel qui peut être imprimer pour travailler en ateliers selon votre niveau.

- Ceux qui terminent les ateliers rapidement

Dans une classe, à la base, il devrait y avoir une solution pour les élèves qui terminent un travail avant les autres que ce soit un plan de travail, un tableau de programmation, un coin enrichissement bref, les élèves ont plusieurs choix. En ateliers, vous pouvez utiliser le même fonctionnement. Lorsqu'un élève termine un atelier, il peut se corriger. Ensuite, il peut faire du travail individuel et attendre la prochaine rotation. C'est une des procédures à enseigner lorsqu'on veut intégrer les ateliers dans sa classe.

- Et la correction ?

Travailler en ateliers veut dire, selon votre organisation, qu'à chaque jour, j'ai par exemples 6 équipes de 4 élèves qui font un travail différent pendant une semaine. Le panier de correction se remplit vite dans ce temps-là.

Il faut absolument trouver des alternatives car sinon, vous serez rapidement enterrés sous les feuilles à corriger et les ateliers ne vous tenteront plus.

Il y a plusieurs possibilités:

- Donner le corrigé. Dans ma classe, lorsque c'est possible, je donne le corrigé dans le panier avec le matériel. Mes élèves connaissent les règles et savent que tricher n'est pas aidant pour personne. C'est leur responsabilité, suite à la correction, de juger s'ils ont besoin de plus de pratique ou de récupération.

- Donner des calculatrices. Parfois, selon l'atelier, il est impossible de donner le corrigé. En mathématique, vous pouvez fournir des calculatrices aux élèves qui pourront se vérifier à la fin de leur travail.

- Se faire vérifier par un autre élève. Suite au travail, un autre élève peut vérifier si le travail est bien fait (sans nécessairement le corriger). Les ateliers ne doivent pas tous être corrigés obligatoirement. Si on prend l'exemple du serpents et échelles avec jeux mathématiques, les élèves se vérifient entre eux.

- Mettre en place un fonctionnement en ateliers

Pour arriver à travailler en ateliers, il faut donner des attentes claires et modéliser. Il n'y a pas de recette magique : cela prend du temps! Selon le groupe d'enfants, cela peut prendre un mois comme cela peut en prendre 3 avant que l'enseignant soit vraiment à l'aise de prendre un sous-groupe.

À chaque début d'année, lors de notre première semaine d'ateliers, je fais un tableau en T. (Ce tableau  «Défis à ta mesure» est un exemple que j'utilise lors d'un projet de sciences en ateliers.)



Avec l'aide des élèves, j'indique les comportements attendus dans chaque colonne. Je le fais au TNI : ainsi, je peux l'enregistrer et le ressortir au besoin. Vous pouvez aussi le faire sur une feuille. Pas besoin de sortir vos talents d'artiste : 5 minutes, c'est assez pour le tableau!

Ensuite, il faut montrer aux élèves la procédure d'installation. Peu importe qu'elle est votre procédure, vous pouvez faire ces étapes de modélisation :

1. Vous faites un premier exemple en verbalisant vos gestes.
2. Un élève fait un bon exemple en verbalisant.
3. Un élève donne le mauvais exemple. À la fin, les élèves doivent indiquer ce qu'il a fait et n'a pas fait comme il faut.
4. Un élève refait un bon exemple en verbalisant toujours.

Par la suite, vous pouvez demander au groupe de faire un exemple en les chronométrant. Le but est de le faire le plus rapidement possible.

Il faut montrer la procédure de rangement à la fin des périodes d'ateliers. Une fois ces 2 procédures maîtrisées, les élèves devraient être capables de faire des périodes d'ateliers. Il est important de faire des retours avec eux par la suite sur ce qui s'est bien passé et moins bien passé et de trouver des solutions avec eux.

Lorsque vous jugez que vos élèves sont prêts à fonctionner sans votre constante supervision, vous pouvez commencer à faire des groupes de besoins

- Organisation

Voici mes affiches et mes étiquettes que j'utilise pour l'organisation de mes paniers.

- Pour écrire le nom des élèves


 - Pour identifier la rotation au tableau par exemple

 - Étiquettes pour identifier les paniers

- Affiche pour écrire le titre de l'atelier (pour les ateliers à choix par exemple)




- La planification

J'aime beaucoup planifier. Lors des ateliers, je planifie aussi pour prévoir tout le matériel dont j'aurai besoin. Voici quelques exemples de feuilles de planification d'ateliers.




Je vous offre 3 modèles différents de feuille de planification et de suivi pour les ateliers.








- Plus d'infos

Pour avoir des idées d'ateliers, vous pouvez cliquez sur le libellé (à gauche) Ateliers. Tous mes articles sur les ateliers se trouvent sous ce libellé. Il y a plusieurs photos qui peuvent vous donner des idées.

Cela fait beaucoup d'informations, J'espère que cela aura été utile pour certains!